“Mon objectif est d’intégrer un PGHM“

Clément Dury /

Articles récents /

5 questions à … Clément Dury

Entre discrétion et détermination

21 avril 2022

Vous l’avez peut-être déjà croisé un vendredi soir face à un groupe d’adultes attentifs ou plus lointainement quand il bondissait de prises en prises lors des entraînements du groupe compétition. Ou peut-être était-ce lui qui vous a débloqué dans un atelier vertigineux de l’accrobranche de Blacé ? Une chose est sûre, à même pas 20 ans, Clément Dury a déjà une solide expérience de l’escalade. Portrait en cinq questions.

 

Tu es passé par la section sportive du Lycée Louis Armand, qu’étais-tu venu chercher ?

J’ai intégré la section en seconde, en 2018 mais j’avais commencé à côtoyer la section dès la 4e, je m’entraînais en même temps que les lycéens. Au départ j’étais venu chercher de la performance, je voulais progresser, avoir un meilleur niveau. Mais au fur et à mesure des années, je me suis rendu compte que le groupe de potes que je m’étais fait à la section était devenu aussi important que le fait de performer et progresser !

 

Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté dans tes études ou dans ta vie perso ?

La section sportive m’a apporté beaucoup de choses dans ma vie personnelle, notamment la confiance en moi. Avant la section, j’étais un peu timide. Et dans la vie plus professionnelle, les compétitions m’ont appris à gérer mon stress. Comme j’avais déjà vécu des situations avec un niveau de stress assez important, c’était plus facile lors d’examens ou de rendez-vous professionnels.

 

Et maintenant tu fais quoi dans la vie ?

Actuellement je suis en 2e année de Staps à Lyon 1 et je suis stagiaire au club, où j’encadre un groupe de perfectionnement adulte deux heures par semaine et j’adore ça ! C’est une première expérience assez intéressante et enrichissante dans le coaching, ils sont carrément motivés pour progresser. Par ailleurs je suis également secouriste depuis deux ans dans un accrobranche à Blacé, tous les week-ends d’avril à septembre. Par la suite, mon objectif est d’intégrer un PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne).

 

Entre tes activités et tes études, est-ce que tu continues l’escalade en compétition ?

Par choix personnel, j’ai réduit la cadence des compétitions. Pendant plus de dix ans j’en avais quasiment toutes les semaines. C’était très enrichissant mais depuis deux ans j’en fais moins car l’ambiance ne me plaît plus. A la place, j’accorde de plus en plus d’intérêt à l’escalade en falaise et à faire découvrir ce milieu à d’autres personnes.

 

Pour terminer, quel est ton souvenir de grimpe le plus marquant ?

Ma première qualification aux championnats de France de difficulté, en minime 2 ! Je ne me souviens plus de la date précise mais c’était la première fois que la section sportive testait l’hypnose en compétition. Moi qui étais extrêmement stressé, j’ai demandé une séance au père de Joseph Perrin qui nous accompagnait, deux heures avant la compétition (ndlr : Vianney Perrin est médecin et spécialisé dans les techniques d’activation de la conscience et l’hypnose clinique). Mais les effets se sont estompés et j’ai senti le stress revenir. Du coup, une demi-heure avant de grimper, je lui demande une deuxième séance d’hypnose. Et là, au moment où je grimpe, je me rends compte que dans ma première voie, je suis en train de m’endormir. Littéralement.
Le bon côté, c’est que je n’ étais pas du tout stressé, mais le mauvais, c’est qu’à certains moments il y avait des moments un peu dynamiques, explosifs… Heureusement je l’ai enchainée mais j’étais à deux doigts de tomber et de m’endormir au bout de la corde !

Sinon, le moment le plus marquant dans ma « carrière » de grimpeur, je l’ai vécu avec Bastien De Lattre à Céüse. Ma famille a une maison là-bas, je voyais la falaise de mon balcon mais sans y accéder souvent car je suis presque le seul à faire de l’escalade dans ma famille. Bastien était copain avec mes parents et la première fois qu’il m’a emmené à Céüse, on a rencontré des grimpeurs très très forts comme Alex Megos (grimpeur Allemand vice champion du monde de difficulté en 2019 qui a libéré Bibliographie, 9c, en 2020). Ça a été un évènement très marquant car c’était un rêve de gosse d’aller là-haut ! Je pense que c’est le plus bel évènement que j’ai vécu en escalade.

 

Par Amandine Verchère & Colin Chemelle
Retrouvez sur youtube la vidéo dans laquelle on découvre comment se déroule les coachings du vendredi soir avec Clément.

📸 Photos : @christiandury